420 €
Une sculpture qui semble saisie en pleine transformation. Métamorphose déploie des courbes pleines, traversées de vides, dans un grès blanc rehaussé d’un engobe blanc, à la surface mate. Près de cinquante centimètres de présence, pensés pour exister seuls : sur un meuble bas, une sellette ou à même le sol, la pièce devient le point fort d’un espace. Œuvre unique façonnée à la main, à la frontière de l’objet et de l’art.
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Lucile CRAMPE
À travers ses sculptures en grès, Lucile CRAMPE explore la matière de façon intuitive. Ses formes libres, entre poésie et tension, donnent naissance à des pièces uniques qui instaurent un dialogue silencieux avec le regard et invitent à ressentir plutôt qu’à comprendre.
Métamorphose porte bien son nom. La sculpture semble figée dans un instant de transformation : ses volumes s’enroulent, s’étirent et se redressent, comme un corps abstrait en train de devenir autre chose. Rien n’y est symétrique ni stable ; tout suggère le mouvement. Avec ses quarante-neuf centimètres de hauteur, c’est une pièce de grand format, conçue pour exister seule et structurer un espace.
La forme alterne les pleins et les ouvertures. Des vides la traversent, allègent sa masse et créent des fenêtres par lesquelles la lumière et l’arrière-plan apparaissent. Selon l’angle, la silhouette change radicalement : compacte d’un côté, évidée de l’autre. Cette manière de sculpter l’espace autant que la matière donne à la pièce sa force et invite, là encore, à en faire le tour.
Contrairement au vase à l’émail en relief de la série, Métamorphose présente une peau plus douce : un engobe blanc posé sur le grès blanc, mat et légèrement velouté, où l’on devine par endroits les marques de lissage de la main. Cette finition retient la lumière sans la renvoyer, accentuant la profondeur des courbes et la douceur des passages d’ombre. L’engobe habille la terre sans la masquer : la matière reste présente.
Sur une pièce de cette ampleur, Lucile Crampe engage tout son métier : Métamorphose est montée au colombin — des boudins de terre superposés et lissés à la main , une méthode lente où la matière dicte autant qu’elle obéit. Le défi est aussi technique : monter un grand volume, l’ouvrir, l’équilibrer et le faire tenir sans qu’il s’affaisse, le rehausser d’un engobe blanc, puis le sécher lentement et le cuire deux fois, à 980 °C puis 1240 °C, jusqu’à vitrification. Cette maîtrise du colombin sur une grande hauteur fait partie de la valeur de la pièce.
C’est pourquoi Métamorphose est une œuvre unique. La courbe des volumes, la place des vides, le grain de la surface ne se reproduiront pas. Ces variations ne sont pas des défauts : elles sont la signature du fait-main et la marque d’une pièce pensée comme une sculpture.