Graver une matrice, imprimer une image
Le principe est toujours le même : l’artiste travaille une matrice, une plaque de linoléum, de bois, de métal ou de pierre puis l’encre et l’imprime sur le papier. Selon la façon dont l’image y est portée, on distingue quatre grandes familles.
En relief (linogravure, gravure sur bois), on évide autour du dessin : seules les parties saillantes s’encrent.
En taille-douce (pointe sèche, eau-forte, aquatinte sur métal), l’encre se loge au contraire dans les creux gravés.
En planographie, l’image reste à plat : la lithographie joue sur le rejet entre le gras et l’eau, le dessin, tracé au crayon gras sur la pierre, retient l’encre là où l’eau la repousse.
Enfin, la sérigraphie pousse l’encre à travers un écran, au pochoir. Une variante libre, le monotype, ne donne qu’une seule épreuve, unique par nature.
Du dessin au tirage limité
Chaque estampe naît d’un long processus. L’artiste reporte son dessin sur la matrice (souvent au calque), puis la grave à la gouge pour le linoléum, à la pointe ou à l’acide pour le métal : comptez d’un à cinq jours rien que pour la gravure. La matrice est ensuite encrée, puis imprimée à la main, au baren ou à la presse. Comme chaque épreuve redemande ce travail, les tirages sont limités, numérotés et signés : c’est ce qui fait de l’estampe un « multiple original », rare par nature.