Gravure & estampe

L'ART DU MULTIPLE ORIGINAL

La gravure, c’est l’art d’imprimer une image à partir d’une matrice travaillée à la main. On parle d’estampe pour toute image ainsi imprimée. Loin d’une simple reproduction, chaque tirage est une œuvre à part entière, imprimée et signée par l’artiste en série limitée. Chez Fossette, ces estampes sont l’œuvre de graveuses de la région.

 

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COMPRENDRE LA TECHNIQUE

Graver une matrice, imprimer une image

Le principe est toujours le même : l’artiste travaille une matrice, une plaque de linoléum, de bois, de métal ou de pierre puis l’encre et l’imprime sur le papier. Selon la façon dont l’image y est portée, on distingue quatre grandes familles.

En relief (linogravure, gravure sur bois), on évide autour du dessin : seules les parties saillantes s’encrent.

En taille-douce (pointe sèche, eau-forte, aquatinte sur métal), l’encre se loge au contraire dans les creux gravés.

En planographie, l’image reste à plat : la lithographie joue sur le rejet entre le gras et l’eau, le dessin, tracé au crayon gras sur la pierre, retient l’encre là où l’eau la repousse.

Enfin, la sérigraphie pousse l’encre à travers un écran, au pochoir. Une variante libre, le monotype, ne donne qu’une seule épreuve, unique par nature.

Du dessin au tirage limité

Chaque estampe naît d’un long processus. L’artiste reporte son dessin sur la matrice (souvent au calque), puis la grave à la gouge pour le linoléum, à la pointe ou à l’acide pour le métal : comptez d’un à cinq jours rien que pour la gravure. La matrice est ensuite encrée, puis imprimée à la main, au baren ou à la presse. Comme chaque épreuve redemande ce travail, les tirages sont limités, numérotés et signés : c’est ce qui fait de l’estampe un « multiple original », rare par nature.

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LE SAVOIR-FAIRE DES GRAVEUSES

La linogravure, du relief au papier

C’est la voie qu’explore Sonia Poli. Tout part de l’observation : au fil de ses balades, elle capte des formes et des couleurs qu’elle recompose en paysages oniriques, jouant sur les proportions et les échelles. Elle creuse alors le linoléum à la gouge, un revêtement fait de copeaux de bois et de liège liés à l’huile de lin , évidant les blancs autour de son dessin, puis encre à l’eau et imprime à la main, au baren (un tampon lisse que l’on frotte au dos du papier ou à la presse. La couleur, elle, se gagne matrice par matrice : il faut autant de plaques que de teintes, calées au repérage, ou un même bloc gravé par étapes, la gravure en réduction. Ses estampes paraissent en tirages limités à une vingtaine d’exemplaires.

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Toutes les familles de l’estampe

Fanny Pinel, elle, explore tout l’éventail. Sur le métal, chaque procédé donne une écriture différente : la pointe sèche, griffée à même la plaque, laisse un trait velouté aux contours doux ; l’eau-forte, où l’acide mord le dessin protégé par un vernis, garde la liberté du croquis ; l’aquatinte dépose des grains et des lavis, pour les ombres et les dégradés. Formée à la gravure comme à la lithographie, elle joue aussi du relief (linogravure, gravure sur bois). Souvent, elle rehausse ensuite ses tirages à la main, un trait de crayon de couleur, une touche de gouache,  pour que chaque épreuve reste unique. Et elle pousse même la gravure hors du papier, jusque dans la terre : sur la porcelaine, elle pose un engobe, une terre liquide colorée, qu’elle grave à travers pour faire surgir le décor (le sgraffito), ou qu’elle estampe à partir de plaques de linoléum. Toujours le même rapport charnel à la matière : graver, encrer, essuyer, imprimer, recommencer.

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Le papier, jusqu’à le faire soi-même

Le papier compte autant que l’image : vélin ou japonais en fibres naturelles, choisi pour son grain, son épaisseur et sa tenue à l’encre car il porte l’empreinte autant qu’il la reçoit. Sonia Poli va plus loin encore : elle recycle ses propres chutes pour fabriquer un papier artisanal, qu’elle réserve à certaines de ses impressions.

CE QUI FAIT UNE ESTAMPE

Le multiple original

Chaque épreuve est imprimée à la main : l’encrage, la pression et le papier varient légèrement d’un tirage à l’autre. Numérotée et signée par l’artiste, en édition limitée, votre estampe est un original — et non une reproduction industrielle tirée à l’infini.