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Elia fait partie d’une nouvelle série d’Anne LUCAS — trois petites statuettes en grès brut, plus synthétiques et plus libres que ses sculptures habituelles. Pas de visage modelé, pas de détails anatomiques : c’est la posture seule qui raconte la pièce. Elia est agenouillée, les deux mains tendant devant elle une boule à facettes artisanale, assemblée miroir par miroir à la main. La matière reste brute, sortie du four sans patine. Le contraste entre le grès mat et la brillance des facettes fait toute la pièce. Une statuette unique, à compléter avec Sofia et Zoé.
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Anne LUCAS
Artiste et céramiste installée près de Lille, Anne Lucas explore le corps à travers la matière. Ses sculptures en grès, façonnées à la main, traduisent une recherche sensible entre geste, émotion et présence.
Elia, Sofia et Zoé forment une série à part dans le travail d’Anne LUCAS. Là où ses sculptures habituelles s’attachent à capter une posture précise sur modèle vivant, avec des visages modelés et des corps détaillés, ces trois statuettes prennent une direction différente : plus libre, plus synthétique, presque symbolique. Pas de traits, pas de détails anatomiques. Le corps est ramené à son essentiel — une silhouette, une posture. Ce qui parle, c’est le geste et l’objet qu’il porte.
Anne LUCAS a façonné Elia à la main, à partir d’argile, avant cuisson à près de 1200°C. L’argile devient grès — la matière se stabilise, se densifie, devient résistante. Elle sort du four blanche, légèrement crème — et reste ainsi. Aucune patine, aucun vernis, aucun polissage. La surface garde sa texture naturelle, poudreuse, mate. C’est le grès dans son état le plus simple, le plus direct. La statuette porte les traces du modelage : les empreintes de doigts, les marques du couteau, les irrégularités du séchage.
La boule à facettes n’est pas un objet industriel. Anne LUCAS l’a entièrement assemblée à la main, miroir après miroir, carré après carré. C’est un travail minutieux, fait de patience — chaque petit carré de miroir est posé individuellement sur la sphère. Le contraste est immédiat entre la matière mate du grès et la brillance précise des facettes. Deux gestes artisanaux, deux temporalités, deux registres qui se rencontrent dans la même pièce.
Chaque statuette de la série porte un prénom qui résonne avec sa posture. Elia, dont le prénom évoque la joie, est agenouillée et tend la boule à deux mains comme une offrande — un geste généreux, ouvert, tourné vers l’autre. Sofia, qui signifie sagesse, est en chandelle, le corps en équilibre, la boule élevée vers le haut — une posture maîtrisée qui cherche l’élévation. Zoé, dont le prénom veut littéralement dire « vie » en grec, est en appui arrière, la boule en jeu sur le pied — une posture libre, ludique, abandonnée au mouvement. Trois prénoms, trois postures, une même famille. Les trois pièces peuvent vivre ensemble ou séparément — elles dialoguent sans se ressembler.
Elia s’installe partout — sur une étagère, un bureau, une console, une table de chevet. Sa taille modeste de 17 cm lui permet de trouver sa place sans s’imposer. La boule à facettes capte la lumière ambiante et la renvoie en petits éclats — surtout en lumière directe ou lorsqu’une bougie est allumée à proximité. Une statuette qui sait être à la fois sérieuse et joueuse, dépouillée et festive.
Le grès brut demande quelques précautions simples. Dépoussiérer avec un chiffon doux sec — éviter tout produit humide qui pourrait tacher la matière non patinée. Pour la boule à facettes, un chiffon doux sec ou un petit pinceau suffit pour retirer la poussière entre les miroirs. Manipuler avec soin. Des patins en liège sont collés sous la statuette pour protéger votre surface. Usage intérieur uniquement — la pièce ne résiste pas au gel ni aux intempéries.