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Anne Lucas modèle ses sculptures sur modèle vivant — elle observe le corps, cherche à en capter l’essentiel d’une posture, d’un instant. Elise est née de cette observation : un buste de jeune fille, la tête inclinée sur l’épaule, les yeux fermés. Une posture immédiatement reconnaissable — celle de l’enfant qui vient de faire une bêtise et baisse la tête, entre regret et bouderie. Les couettes enfantines contrastent avec la naissance des seins — un entre-deux délicat entre l’enfance et l’adolescence. La patine aux pigments acryliques révèle des tons bleu-vert traversés de reflets cuivrés. Une pièce unique, sensible et touchante.
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Anne LUCAS
Artiste et céramiste installée près de Lille, Anne Lucas explore le corps à travers la matière. Ses sculptures en grès, façonnées à la main, traduisent une recherche sensible entre geste, émotion et présence.
Anne Lucas travaille sur modèle vivant. Elle observe le corps — ses courbes, ses inclinaisons, ses torsions — et cherche à en capter l’essentiel : non pas une reproduction fidèle, mais une synthèse juste d’une posture, d’un instant. L’argile est sa matière de prédilection — froide, souple, parfois contrariante. Elle colle, elle fissure, elle résiste. C’est précisément cette résistance qui oblige à ajuster, à revoir, à trouver le geste juste. La main modèle, compresse, étire. Le couteau incise, affine, tranche. Sur Elise, ce travail est particulièrement visible : la texture du buste, les couettes finement travaillées, l’inclinaison juste de la tête. Un dialogue constant entre le geste et la matière, dans un processus lent fait d’allers-retours entre le vivant et la terre.
Une fois le modelage achevé, la pièce sèche lentement avant d’être cuite à près de 1200°C. L’argile devient grès — la matière se stabilise, se densifie, devient résistante. Elle sort du four blanche. C’est la patine, appliquée ensuite aux pigments acryliques, qui lui donne sa teinte bleu-vert traversée de reflets cuivrés. Les reflets percent par endroits — sur les épaules, le buste, le visage — comme si la pièce avait traversé le temps. Cette dimension presque archéologique singularise Elise : on dirait un buste retrouvé plutôt qu’un buste fabriqué. Un choc peut engendrer des éclats dans la patine : c’est la nature même de cette finition, qui fait partie de la pièce autant que sa forme.
Elise capte un instant précis et universel — celui de l’enfant qui vient de faire une bêtise, qui baisse la tête, qui se referme sur elle-même. Ce n’est pas une posture de tristesse, c’est une bouderie tendre, un repli plein de regret discret. La tête inclinée sur l’épaule, les yeux fermés, les épaules légèrement affaissées — chaque parent reconnaîtra cette scène. Et pourtant, Elise n’est plus tout à fait une petite fille : les deux couettes enfantines, modelées au couteau, signent encore l’enfance, mais la naissance des seins, doucement esquissée, marque le passage vers l’adolescence. Anne LUCAS capte ce moment fragile et juste, dans toute sa sensibilité. La pièce ne sera pas reproduite à l’identique.
Le format compact d’Elise — 19 cm de hauteur — lui permet de trouver sa place dans presque tous les espaces : sur une étagère, un bureau, une console, une table de chevet. Ses tons bleu-vert traversés de cuivre s’accordent avec un intérieur contemporain et épuré comme avec un espace plus chaleureux. En lumière naturelle, la patine reste fraîche et minérale ; en lumière chaude, les reflets cuivrés ressortent et réchauffent l’ensemble. Un objet à vivre autant qu’à regarder, qui change selon l’heure et la lumière.
Le grès patiné demande quelques précautions simples. Dépoussiérer avec un chiffon doux sec — éviter tout produit humide ou abrasif qui pourrait altérer la patine acrylique. Un choc peut engendrer des éclats dans la patine : manipuler avec soin, en tenant la pièce par la base. Des patins en liège sont collés sous le buste pour protéger votre surface. Usage intérieur uniquement — la pièce ne résiste pas au gel ni aux intempéries.