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« Un arrêt sur image » : c’est ainsi que Sylvain Fauconnier définit ce qu’il cherche en dessinant. Instant en est la forme la plus directe. Maureen est assise de face, jambes repliées, une main en appui au sol, le regard posé sur le dessinateur. Tout est au graphite, en trait fin et clair, sans ombre ni remplissage et l’artiste a tracé à main levée, autour du modèle, le rectangle qui l’encadre, comme on cadre une photographie avant de déclencher. Rien n’a été repris. Réalisée d’après modèle vivant, l’esquisse est signée et vendue encadrée sous verre.
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Sylvain FAUCONNIER
Sylvain Fauconnier, artiste illustrateur, réalise des dessins de nus au crayon, fusain et aquarelle. Inspiré par l’observation du vivant, il capture gestes, attitudes et émotions à travers un trait sensible, spontané et profondément humain.
La question se pose, et la réponse tient à ce que l’œil fait et que l’objectif ne fait pas. Une photographie est prise d’un seul point, par une seule lentille : elle aplatit les volumes et fige un centième de seconde. Devant un modèle, on voit avec deux yeux , donc en relief, et on tourne autour. Surtout, le modèle est vivant : il respire, se tasse, se rattrape, fatigue. Dessiner d’après nature, ce n’est donc pas copier un instant, c’est faire la synthèse de plusieurs minutes de micro-mouvements et choisir ce qui, dans tout cela, dit le mieux la pose. C’est pour cette raison que les écoles d’art n’ont jamais abandonné la séance de modèle vivant, et que Sylvain Fauconnier y retourne chaque semaine depuis une quinzaine d’années.
Une esquisse n’est pas un dessin inachevé : c’est un état du travail où l’on voit encore la décision se prendre. Ici, aucune ombre, aucune estompe, aucun remplissage, uniquement des lignes, posées à la bonne place du premier coup. Le trait est régulier, sans appui excessif, et il ne repasse jamais sur lui-même. Cette absence de repentir est ce qui rend l’esquisse si exigeante : le moindre écart de proportion reste visible, puisque rien ne vient le recouvrir. C’est aussi ce qui la rend vivante et ce pour quoi, depuis le XVIIIe siècle, les amateurs collectionnent les dessins d’atelier autant que les tableaux.
Le détail le plus parlant de cette feuille est le rectangle tracé à main levée autour du modèle. L’artiste ne se contente pas de dessiner le corps : il décide, dans le même geste, de ce qui entre dans l’image et de ce qui en sort. La tête frôle le bord haut, les genoux débordent en bas. Ce cadrage volontairement serré vient de sa formation de designer et de son goût pour l’arrêt sur image, il compose la feuille comme on compose un plan.
Avec son petit format carré et son prix accessible, Instant est une porte d’entrée dans la collection : une œuvre d’art authentiquement originale, signée de la main de l’artiste, et non une reproduction. Elle est vendue encadrée sous verre, dans un cadre en aluminium noir au profil très fin, avec un passe-partout blanc qui laisse une large marge autour du dessin. Elle s’installe seule sur un petit pan de mur, ou en accrochage groupé avec les autres formats carrés de la série.